Lettre à vous, 10 avril 2010

À Paris, le 1O avril 2O1O

Chère vous,

Je ne sais plus comment vous qualifier, je ne sais même pas si je dois vous tutoyer ou vous vouvoyer ; notre relation est si ambiguë.  Je vous ai pourtant aimée, réellement, et longtemps. Je ne sais pas si mes sentiments sont désormais inexistants, ou juste cachés. Je n’ai pas cherché à les réveiller J’ai d’autres femmes à aimer, d’autres femmes à désirer ; puis j’ai besoin d’être désiré à présent. J’en ai assez de jouer les sujets à objets de désir inaccessibles. J’ai fini pas être terriblement frustrée de ne jamais pouvoir faire l’amour avec les femmes que je désirais. J’ai tant cru que certaines d’entres elles me désiraient aussi. Mais mon imagination est fertile et mes désirs divers ; il était facile de croire à mes illusions. Cela rendait la vie beaucoup plus belle.

Cela fait presque dix ans que nous nous connaissons ; je n’ai pas encore 25 ans et je n’ai pas peur de vieillir – pour l’instant me dit-on.

Je vous ai pourtant terriblement aimée. J’ai ressenti maints fois cette euphorie en venant vous voir et après vous avoir vue. J’en ai parlé. Cela a toujours été normal. Je ne me suis jamais sentie opprimée dans mes désirs ; jusqu’à ce je découvre que ce n’était pas seulement vous dont je pouvais être amoureuse mais d’autres femmes potentielles. J’ai eu peur et j’ai fui. Je suis partie au Canada ; deux ans.

Je suis revenue avec du poids sur les épaules. Il y a des choses qui se sont dîtes. J’ai fini – par une manipulation des mots subtile – par vous avouer mes sentiments. Je ne sais pas si vous vous en êtes rendue compte ; mais les écrire et vous les envoyer m’a suffit. Procédé égoïste peut-être.

J’ai parfois trop d’audace, ça flatte mon égo. J’en ai besoin. J’en ai besoin à ma propre déconstruction.

Je me déconstruis chaque jour. C’est difficile, mais j’y arrive.

J’affirme aujourd’hui des vérités qui seront dépassées demain comme celles d’hier le sont aujourd’hui. J’aime cette évolution constante de mes idées et des théories que je développe ou auxquelles j’adhère. Elles bougent sans cesse. Elles sont tellement plus modestes que les théories psychanalytiques et créationnistes qui persistent à croire ce qu’elles croyaient il y a des siècles ; elles stagnent et ne correspondent plus à la société d’aujourd’hui, pourtant ce sont leur lois qui régissent notre vie privée , hélas.

Je ne veux pas me conformer à tout cela, je rêve de révolutionner le monde depuis l’âge de 8 ans. J’aime que les choses bougent, j’ai besoin de souplesse. J’ai envie de souplesse. Mais il faut faire des efforts. Chaque individu doit se remettre en question et doit remettre ses croyances en question. Un homme ou une femme dont les idées d’hier seront les idées de demain n’est pas un être qui vit ; il ne fait qu’exister et a peur de la fin de son existence. La personne qui déconstruit chaque jour n’a plus peur de la fin de son existence puisqu’elle est metteuse en scène de sa vie et pas seulement l’actrice. Elle choisit tout. Parfois même sa propre mort ; ou elle laisse faire le hasard. Il fait souvent bien les choses.

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