Convergence magazine

Generation Y

In my secret life de Léonard Cohen bat ses airs dans mes oreilles ; je me rends, comme presque tous les weekends, à une soirée lesbienne parisienne. Je me souviens encore de ma toute première soirée, il y a deux ans, sur une péniche.

La pièce est remplie de désirs saphiques et l’on tâte avec nos yeux ces femmes pour voir si l’une d’entres elles ne pourra pas être la femme de notre vie, la femme d’une nuit ; ou bien une simple amie.

La musique et le vin parfois nous aident à faire fie de nos pudeurs. Nos corps se meuvent parmi d’autres corps ; il y a une poésie des mouvements et l’espace entre chacune d’entre nous se resserre à chaque minute. Des ondulations des ombres de ces femmes se dessinent devant mes yeux ; je regarde et j’observe ; il y en a toujours une que je trouve belle, une, toujours inaccessible. Mais qu’importe ; je monte sur l’estrade face à la DJ, je danse devant les regards de ces autres femmes et j’aime être leur objet de désir. Je ne me sens pas menacée, je me sens maitresse de ce monde que nous créons. Il n’y a pas de limites. Nous avons toutes déconstruit en nous les valeurs normatives afin de créer quelque chose de plus libre. Cette liberté est belle.

Nous embrassons des garçons qui aiment d’autres garçons, nous embrassons des garçons qui aiment les filles, et des filles qui aiment des filles. Nous embrassons les gens que nous apprécions, par affection. Nos désirs ne sont pas pervertis par cette société ; ils restent authentiques ou ils sont redevenus authentiques. Je trouve ça beau : cette diversité des gens que je côtoie, la diversité des gens que j’aime.

Tous les corps s’emboitent, certains plus que d’autres, pour un court temps, ou pour longtemps.

Il faut observer : cette fille qui danse à gauche, comme une lionne et qui ne se soucie guère de séduire ; danser est jouissif. Ces deux femmes qui croisent les bras près du bar dont les bouches se cherchent depuis dix minutes car leurs yeux ne suffisent pas à les faire décider. Ce vieil homme qui danse avec le même homme depuis 20 ans ; ces autres qui dansent à plusieurs. Ces autres qui débattent à l’extérieur. Ces autres qui dansent sur l’estrade ; ces mouvements rapides et vifs. Des corps sautent en l’air et sont rattrapés par des mains rassurantes. D’autres corps bougent. Tout est rythmé par la musique. Le corps prend la forme des mélodies. Tout me semble lascif. Tout être devient désirable à mes yeux. Tout redevient authentique. J’ai l’impression qu’il n’y a aucune tricherie, que tout est dit.

Mon regard cherche sans cesse la femme d’une nuit ou la femme d’une vie. Et peu importe d’ailleurs ce que je recherche, mon âme trouve toujours objet à son désir.

Il est cinq heures du matin dans Paris. À l’heure où certains esprits vifs se reposent, d’autres travaillent encore.

Nos cœurs vacillent comme la péniche sur la Seine, rien n’est stable, tout est en constante mouvance.

La poésie des corps désirables à la lumière d’une nuit d’octobre à Paris me rend plus vivante.

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Un commentaire pour Convergence magazine

  1. Cookies dit :

    Faut demander à Boubou, c’était elle la pilote 😉

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