ignoblement romantiques…sommes nous.

 

Je mets des photos du film The Doom Generation de Gregg Araki, car ce scénariste est non seulement d’actualité avec la sortie de Kaboom, mais aussi parce qu’il illustre parfaitement ce qui va suivre.

Gregg Araki parle de jeunes terriblement romantiques, à la recherche de cet amour pur et éternel, qui vivent dans un monde de baise, et de violence; de jeunes qui s’étreignent charnellement et pour un temps éphémère. Contredisent-ils cette éternité? « Je t’aimerai toujours » dit t-elle pendant l’orgasme, ou « mourons maintenant, ensemble« . Couleurs rouges et blanches se côtoient, le sang, la passion, la violence des sentiments, des sexes qui se déchirent, et le blanc, la pureté, la virginité de l’âme qui n’a pas encore souffert.

Tout ça c’est bien beau, bien naïf, bien innocent. Mais qui n’a jamais rêvé, pensé une seule seconde à cette relation particulière qui nous rattache à une personne avec laquelle nous n’avons pas forcément grandi?

Se réveiller avec la même personne tous les matins – comme me disait une ami-e une personne qui connait nos habitudes, nos réactions presque par cœur. Et pas une inconnue, la même inconnue au visage différent. Qu’est-ce qui  nous attire tant en ça, vraiment? Ne préférons nous pas, à cet échange qui veut durer, la gloire de notre égo, quand on fait l’amour à une personne que l’on ne connait pas? Ne préférons nous pas des corps différents, des idées diverses, des gestes inconnus? Et pourtant j’ajouterai, nous avons tant peur de ce que l’on ne connait pas, nous avons tant de mal à nous remettre en question, tant de mal à apprendre ailleurs. Mais qu’est-ce qui nous fait peur? Qu’est-ce qu’on veut? Qu’est-ce qu’on peut?

Et en moi cette idée, comme en nous tous/tes, que ce qui dure sera toujours plus bénéfique à l’âme que ce qui ne dure pas. La rupture, celle avec un être, peu importe la relation, nous bouleverse et fait mal.

Alors penser une seule seconde que nous devons couper tout contact avec une personne avec qui nous avions déjà commencé à construire est déroutant, et douloureux.

Imaginer devoir se retaper tout le topo, imaginer devoir tout recommencer, ailleurs, avec une autre personne; avoir d’autres projets…puis souvent souffrir à nouveau.

Parfois je me dis que les mariages arrangés avaient leurs avantages…(enfin je me dis ça après chaque rupture 😉 )

Puis qu’est-ce qui fait qu’une relation a de la valeur à nos yeux? Seulement trois personnes m’ont lu des livres à voix haute, de vrais romans et ça durait longtemps. À leur rythme adapté au mien, à mon attention, à leur voix et à mon regard. Ces trois personnes étaient mes deux exs et ma sœur. Étrange.

A t-on besoin de fusion? C’est quelque chose que je ne crois pas. Je n’ai jamais été fusionnelle, avec quiconque, pas même avec ma sœur bien que nous soyons très proches. Je n’ai jamais été fusionnelle avec mes exs, encore moins avec mes ami-e-s. C’est quelque chose qui m’échappe, car la fusion est un faux-semblant. On ne sait JAMAIS ce que pense réellement l’autre. Nous ne pouvons JAMAIS prendre au mot les dires des autres. Le langage des un-e-s n’est pas le langage des autres. Il est impossible de communiquer parfaitement, nous n’entrons jamais dans la pensée d’autrui. Nous sommes seul-e-s mais je n’ajouterai pas l’adjectif désespérément, car ce n’est pas triste. C’est même bien, cela nous pousse peut-être à aller toujours au delà de nos capacités émotionnelles ou cérébrales. Ou alors c’est mal car ça nous pousse à nous poser de trop nombreuses questions.

Il faudrait que le cœur ne s’attache jamais. Je crois, d’ailleurs, qu’il ne s’attache pas tant que ça.

Nous vivons, survivons toutes les ruptures, toutes les disparitions.

Nous sommes seul-e-s et parfois je doute que nous soyons fait-e-s pour vivre ensemble. Mais nous penserons toujours qu’être à deux sera toujours mieux qu’être avec soi-même. Ca fait moins peur, ça nous fait sentir vivre, ça nous excite, ça nous stimule.

Ca nous oublie.

Et j’ai envie de finir par le « WE FUCK ALONE » de Gaspar Noé. Parce que c’est quand même assez vrai.

 

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