House of Boys de Jean-Claude Schlim

Le film House of Boys était en compétition au festival chéries-chéris au Forum des images la semaine dernière, mais il ne l’a pas gagnée.

1984, Franck a 18 ans, il est gay, et, après l’avoir dit à sa famille, il décide de la quitter et d’aller à Amsterdam. Il se retrouve dans un cabaret pour hommes dans lequel il finit par danser et par voler la vedette à un des meilleurs, Jake, un hétéro dont il tombe d’ailleurs amoureux. Leur histoire commence, le film a des allures de burlesque, et joue à  fond la carte du kitch pour mieux contraster avec l’épidémie qui  va bientôt faire rage: le sida. De la découverte de la maladie de Jake à la fin du film, le rythme s’accélère, l’ambiance kitch reste malgré tout, mais devient tragique. On avait ri un peu, les situations cocasses s’enchaînaient, mais finissent par laisser la place à une tragédie; le sida. Le sida qui a infecté, depuis 1981, 60 millions de personnes et qui en a tué plus de 30 millions. Le sida qui infecte encore 7000 personnes par jour, dont la très grande majorité vit dans les pays à moyens ou faibles revenus*.

Jean-Claude Schlim met en scène les débuts de la plus grande épidémie de l’Histoire mais aussi la tragédie d’une histoire particulière; de la découverte de la maladie, jusqu’à la mort, ne laissant rien passer (notamment le syndrome de Kaposi), avec justesse et une certaine pudeur malgré l’exposition des tâches de Kaposi aux spectateurs/trices.

On se souvient encore de Les témoins de Téchiné qui ne ne m’avait  pas autant touché que House of Boys, ou peut-être est-ce parce que je n’avais pas conscience encore de l’ampleur du fléau (et pourtant, c’était il y a trois ans seulement).

Parce que le sida n’est plus un « sujet à la mode », il n’est plus traité au cinéma, ou l’est moins, pourtant, il continue de tuer (1,8 millions de personnes en 2009*).

Et quand je pense que Benoît XVI – malgré ses propos soit-disant plutôt positifs dans l’entretien publié- tient toujours ce discours « presque » meutrier, je me dis qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire. Car l’élimination du sida passe surtout par la prévention (la recherche étant difficile).

Jean-Claude Schlim signe un film à la fois personnel (ayant perdu son ami, mort du sida il y a une quinzaine d’année), et universel; un film dur.

Dommage qu’il ait perdu la compétition, mais je crois que ce qui compte surtout, c’est la diffusion de ce film. Il sortira en salles en Allemagne, pourquoi pas en France?

* Source des chiffres
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Un commentaire pour House of Boys de Jean-Claude Schlim

  1. Atthis dM dit :

    Ce qui est écrit est intéressant, même important. L’information et la prise de conscience à propos du sida passent aussi par ce genre d’article. Merci.
    Le film sortira sûrement en France, je pense.

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