Sofia Coppola, virtuose.

Cinq ans après Marie-Antoinette, film qui clôturait la magistrale trilogie de l’adolescence tiraillée, Sofia Coppola nous revient avec un quatrième film, hors trio.

On l’attendait avec grande impatience, à vouloir s’assurer qu’après trois films, la jeune cinéaste n’allait pas tourner en rond. S’attendre à quelque chose de particulier est dangereux, mais la surprise peut parfois être belle.

Dans Somewhere, perdu quelque part dans la cité des Anges, au Château Marmont, célèbre Hôtel a/receuillant toute la clique hollywoodienne et ses frasques, Johnny Marco vit, Johnny Marco s’envoie en l’air, Johnny Marco profite de tout ce qu’il y a de plus vulgaire du star system et Johnny Marco s’ennuie.

L’univers toujours aussi vaporeux, ce n’est plus d’adolescence dont il est question, mais d’un homme, quelque part, célèbre, partout, à la fois victime et jouisseur du système hollywoodien. Sofia Coppola elle-même partagée entre la fascination pour cet univers à l’atmosphère blonde, pâle, et gracieuse, mais aussi terriblement grotesque, phallocentrique et vulgaire, et le dégoût de celui-ci.

La mise en scène est languissante, les plans fixes et nous fixent, et la musique toujours aussi appropriée et parfaite.

Il commence par quelques tours en voiture dans le désert californien avec une Ferrari noire, quelques vombrissement qui font presque mal à la tête. Il commence avec des plans longs, il commence par l’ennui de cet homme.

Les jours se suivent et sa fille de 12 ans, Cleo (interprétée par Elle Fanning, petite soeur qui emboîte déjà les pas de la grande, Dakota) débarque.

Ils se tâtonnent pudiquement, s’apprivoisent, et s’enfuient à deux de cette mise en scène ridicule en Italie, pour en retrouver une autre.

Puis la gamine part, sa voiture tombe en panne. Elle faisait des tours interminables et ennuyeux au début du film et donnait des maux de tête. Alors il sort de la voiture, il marche et le rideau ferme.

Le tout superbement maîtrisé par le regard et l’ouïe de Sofia Coppola.

Une critique froide.

Le film, pleine de grâce.

Sofia Coppola, virtuose de l’image.

 

 

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2 commentaires pour Sofia Coppola, virtuose.

  1. Aurélie dit :

    L’ennui est tellement bien retranscrit dans les plans et les images que je me suis ennuyée ferme…

  2. Ping : dans le rétro mensuel cinématographique | J'ai fait l'amour aux mots…

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