Riot Grrlz Festival

J’ai assisté vendredi soir dernier au Riot Grrlz Festival à la Bellevilloise.

Des shows burlesques et sexy absolument pas incompatibles avec l’engagement féministe. Il le sert très bien même, ce féminisme d’un nouveau genre, pas si nouveau que ça d’ailleurs, car il a 30 ans. Mais il prône la liberté de faire ce que l’on désire vraiment avec son corps.

Je ne saurai tout citer et encore moins dans l’ordre d’apparition chaque performance. Certaines ont retenu mon attention: la femme qui se libère de la burqa par exemple; j’en posterai les videos dans cet article même.

La mise en scène du corps dans le burlesque et dans toute autre performance artistique est un très beau et grand moyen d’expression et d’engagement féministe. Se libérer des carcans, des clichés, se libérer des stéréotypes, passe aussi par le détournement de l’outil que peut être notre corps. Sans doute et je me répète, beaucoup plus subversif que la sacralisation de notre corps. Le corps féminin n’est pas plus sacré que le corps masculin. Ces performeuses font preuve d’une incroyable technique et d’une incroyable maîtrise de leur corps, de leurs mouvements, mais aussi et en même temps, d’une libération véritable et admirable.

Présenté par la désormais célèbre(je pense) Juliette Dragon, ce festival s’est terminé par un concert de quatres groupes féminins/féministes.

Au coeur de la Bellevilloise, une soirée parfaite.

 

Celui-ci m’a particulièrement plu:

 

Celui-ci aussi particulièrement génial, par la même performeuse:

 

 

 

 

Et le 20 mars, on fête le printemps avec Les Filles de Joie pour le Bal de printemps.

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10 commentaires pour Riot Grrlz Festival

  1. NGL dit :

    Il craint carrément ton post… j’vois vraiment pas ce que des strip (de nana) en mixité (donc devant des mecs) peuvent avoir de subversif, et encore moins de féministe. Décidément, ces « performances » (je ne supporte définitivement plus cette auto-appellation arrogante, tellement dans le vent et aussi vide que lui) ne sont que des arnaques, et à mon sens des spoliations du féminisme, soit disant décomplexé mais surtout dramatiquement réinventé. M’enfin, cet article développe cela bien plus adroitement que moi :
    http://pelenop.fr/?p=1810

    • Sarah dit :

      Merci, mais j’avais déja lu l’article et j’ai écris celui-ci en toute connaissance de cause et je conçois que ce type de féminisme fasse polémique. Il y a un an à peine, j’avais du mal à concevoir que ce pouvait être du féminisme mais je rapelle que la lutte féministe, est une lutte pour le choix et non pas pour l’interdiction de certais de ces choix.
      Le burlesque n’est pas du strip tease pur et simple destinés à des hommes. je tiens à souligner qu’une majorité des spectatrices étaient, justement, des spectatrices et nous n’y allons pas pour y voir des femmes à poil mais bien pour y voir des performances, oui car la maîtrise des mouvements du corps, ce n’est pas inné, il faut de l’entraînement. Et ces femmes ne sont pas sacralisées, elles sont naturelles, et je le répète, beaucoup plus subversives qu’un gouvernement qui tente d’initerdir le travail du sexe, car une fois de plus, c’est l’Etat qui contrôlerait ce que nous faisons de nos corps, alors que le fémisme veut le choix.
      Et dans la sphère privée, vouloir exciter son mec ou sa nana, n’est pas antiféministe.
      Alors merci pour ton commentaire qui montre à quel point l’argumentaire d’un tel propos est incensé, tout autant que cet article que tu me fais partager (et que j’avais déja lu, qui m’avait par ailleurs énervé)
      Alors pardonnes moi mais, on peut très bien être féministe, avoir le poing levé et la culotte baissée, oui oui, on peut très bien.
      Pourquoi toujours vouloir décreter qu’un féminisme est meilleur que les autres? C’est stupide, et c’est vraiment ça, qui craint.

      • Sarah dit :

        Et ce féminisme là, ne m’enpêche, en aucun cas, d’admirer ce qui a été fait dans les années 70 par le MLF et ce qui a été fait depuis. Mais il faut savoir remettre en cause certains idéaux et aussi, accepter qu’il y a différentes façons de militer, de s’engager, différentes façons d’être féministe.
        Dénigrer les autres mouvements féministes, ça c’est anti féministe !

  2. lubna dit :

    Tout d’abord félicitations pour ton blog, j’apprécie l’initiative. Je m’immisce dans le débat, parce que j’ai le gout de la polémique^^et parce que j’en ai un peu plus que marre d’entendre que Juliette Dragon est féministe!
    Ce qui me gène avec le mouvement sex-positive, le new-burlesque etc c’est qu’il fait passer la libération sexuelle pour la priorité du combat féministe. Certes, disposer de son corps c’est aussi pourvoir dire son désir et assumer sa sexualité mais pourquoi au juste devrait-on la performer? C’est quoi performer sa sexualité? Pour moi ce concept est une coquille vide, une tendance pseudo-subversive individualiste qui ne veut rien dire. J’estime qu’il y a des revendications plus immédiates et matérielles comme la lutte contre les violences quotidiennes, l’homophobie, l’inégalité salariale et que ce mouvement a tendance à les invisibiliser, voire à les minorer. Parce que des filles à poil, ça séduit. C’est indubitable. C’est un mouvement glamour, branché, qui du coup fait de l’ombre à celles qui se battent pour du concret, du réel.
    Enfin bref, pour moi c’est du théâtre. Sauf que le délire de la femme actrice, c’est pas vraiment émancipateur je trouve. C’est juste le plus vieux mythe de l’histoire de l’imaginaire de la féminité. Femme-actrice, femme-tentatrice, femme-vénale…je vois mal en quoi elles détournent ces codes en fait. (tu vas me dire, par l’humour mais je suis pas convaincue)

    • Sarah dit :

      je pense qu’il appartient à chacun-e de se battre à sa manière. quotidiennement, artistiquement, subtilement, sur le terrain, selon ses moyens, ses capacités-, ses envies et ce que l’on souhaite dire. Nous avons toutes une histoire différente qui nous pousse à nous battre pour des raisons différentes.
      Par exemple, je dirais que ma priorité serait reconnaitre que l’homme et la femme ont le même désir, parce que c’est le cas, car j’ai ressenti une frsutration de ce « trop » plein de désir que je pouvais avoir croyant que c’était faux, ou croyant que j’étais une hystérique, alors que mon désir sexuel, aussi puissant que celui des hommes, est tout aussi naturel. On n’a pas toutes les mêmes priorités dans le féminisme, car on a pas toutes la même histoire.

  3. Je suis toujours profondément triste de voir à quel point le fait qu’une femme se déshabille suscite toujours autant de réactions violentes. De quoi parle t’on ? de burlesque, de new burlesque. L’article cité par NGL est assez complet mais tellement emprunt d’une idéologie absolutiste et moralisatrice que cela en devient grotesque.

    Alors on cite le film Tournée. Mais l’a t’on réellement vu ? Dans le film un journaliste pose la question à Dirty Martini lui demandant une définition du New Burlesque, celle-ci répond : c’est un strip tease fait pour les femmes par des femmes. Je ne vois pas en quoi le fait que le public soit composé d’hommes implique forcément une vision dégradante. Il peut y avoir aussi des lesbiennes dans la salle qui pourraient avoir des désirs sexuels, le désir sexuel n’appartenant pas à la gente masculine. Encore faut il que le burlesque ou new burlesque ait une vocation d’excitation sexuelle. Je me demande réellement si ces personnes ont réellement assisté à une performance. Je ne le pense pas.

    Je pense simplement qu’à un certain moment il a fallu lutter pour les droits des femmes et que pour se faire entendre, ne pas exposer les caractéristiques propres à ce que l’on nomme « féminité » était obligatoire pour être prises au sérieux, hélas. On assiste depuis les années 90 à uniformisation des sexes dans la représentation de ceux ci. N’avons nous pas le droit maintenant d’être « féminines » sans être taxées de superficielles ou tout simplement de pauvres objets manipulés ?

    Ce que je ne comprends pas c’est ce discours de propagande moralisateur à vision unilatérale tellement manichéen. Pourquoi le corps des femmes devraient il encore être caché, tabou ? Pourquoi devrait on avoir honte d’avoir des seins ou pire encore un vagin ? Le New Burlesque et leurs performeuses qui sont de véritables artistes contribuent à donner une vision subversive, artistique et surtout FEMININE du corps féminin. Parce qu’il faut désacraliser ce corps féminin pour le libérer. Le but du New Burlesque n’étant pas de susciter une excitation sexuelle en faisant du corps féminin un objet. Non le corps féminin est sujet. Car oui on peut être féminine et intelligente.
    Et non, pas toutes les performeuses se revendiquent comme étant féministes. Et surtout il faut replacer les choses dans leur contexte : le burlesque est une performance artistique où l’on peut retrouver des tendances de militantisme mais cela reste avant tout une création artistique qui n’a pas pour prétention de vouloir régler toutes les revendications du féminisme. Je ne vois pas pourquoi certaines féministes sous prétextes d’être des femmes auraient le monopole de ce que doivent être les femmes et de ce qui peut être dégradant pour elle. Sous prétexte que les performeuses se déshabillent sur scène doit on pour autant les assimilés à des prostituées ou de pauvres instruments du capitalisme ou du machisme ? Non, vraiment que celles et ceux qui pensent cela assistent réellement à une performance, pitié. D’autant plus que si l’on parle des hommes et de leurs horribles désirs il faudrait savoir ce qu’ils pensent réellement du burlesque. Préparant moi même un documentaire sur le burlesque et recueillant de nombreuses impressions masculines il est intéressant de noter que ces derniers ne savent pas trop comment se placer face à cette performance. En effet la plupart pensent qu’ils vont assister à un simple strip tease ( qui rappelons le, lui à une véritable vocation d’excitation sexuelle ) et se retrouvent au contraire vite déstabilisés par la performance trouvant souvent que justement ce n’est pas assez sexuels.

    Oui, le burlesque est fait par des femmes et pour des femmes, représentant toutes sortes de physiques et participant à une acceptation de nos propres corps féminins toujours trop sacralisés et enfermés dans une image unique de féminité et de beauté. Celles et ceux qui le réduisent juste à un effeuillage nient la création artistique et surtout la définition du burlesque qui est avant tout une manière ironique de détourner les clichés féminins par une exagération, une caricature de ceux ci. Ce qui est regrettable vraiment c’est que le corps féminin soit enfermé dans un carcan l’empêchant d’être représenter par des femmes alors que jusqu’ici il ne l’avait été en majorité fait que d’après une vision ou idéalisation masculine.

  4. NGL dit :

    Malgré la phrase introductive « ça craint », je n’étais pas en mode fight. M’enfin me cherche pas trop quand même! Moi je m’en fous de savoir qui sera la meilleure féministe. La meilleure féministe, effectivement ce n’est pas moi et ce ne sera d’ailleurs certainement pas non plus celle qui fera le bouquin le plus intelligent ou le spectacle le plus trop-d’la-balle… Parce que la meilleure féministe, elle est sur le terrain: elle a pas le temps.

    « Performe ton genre », ton corps, tout ça… oui, je connais le discours et j’en comprends très bien la logique (qui pourrait d’ailleurs être pertinente en théorie, mais malheureusement on ne vit pas dans le monde des bisounours). Celui sur le « travail du sexe » étant basé sur les même fondements réflexif, je préfère d’ailleurs ne pas relever.

    Cela dit, je trouve marrant que tu conclues une partie de ton argumentaire en parlant d’excitation après t’être défendue en disant qu’il ne s’agissait pas de pur strip tease destiné à des hommes, etc… Moi ça m’est complètement égal que des meufs « artistisent » leur corps dénudé devant d’autres meufs. Mais devant des mecs, nan, par pitié! Tu as d’ailleurs besoin de dire que vous étiez majoritaires. Alors dans ce cas pourquoi ne pas le faire en non-mixité? Pour gagner plus d’argent quitte à en faire bander quelques-uns dans leur futal (oh, après tout… on est plus à ça près)? Et quand ce type de pestacle est monté par des nanas qui se disent gouines et/ou « jouent » les gouine en mixité, là ça me dégoûte vraiment. Je sais pas, pour moi c’est comme aller à un grand congrès anticapitaliste pour préparer la révolution et trouver dans la salle plein de gens avec des pin’s du MEDEF qui écoutent les orateurs avec un sourire en coin.

    Ce n’est pas que ce type de féminisme soit décomplexé qui me dérange, mais pratiqué comme ça (en mixité, donc, j’insiste à mon tour), il me donne juste l’impression de jouer maladroitement le jeu des pires accusations masculinistes qui visent à faire croire que les féministes sont toutes des frustrées. Et pardonne-moi encore, comme tu dis, mais là du coup tes positions visant à me détendre du slip ne me semblent pas très éloignées des leurs…

    • Sarah dit :

      la parenthèse que tu trouves paradoxale sur le fait d’exciter des hommes/des femmes, est, justement, une parenthèse.
      Le nouveau burlesque n’a pas pour but l’excitation sexuelle. Je connais par ailleurs des hommes très mal à l’aise par rapport à ces performances. Les règles mettent encore les hommes (pas tous) mal à l’aise. la sexualité animale de la femme, car elle en a une elle aussi, fait peur aux hommes commes à certaines femmes.

      Par ailleurs, je ne vois pas en quoi la mixité est un problème: pas besoin d’être noir-e pour pour lutter contre le racisme, pas besoin d’être une femme pour lutter pour l’égalité. Le sexisme passe aussi et bcp par les représentaions dichotomiques de la sexualité: la femme on la prend par les sentiments et le mec par la bite. Alors qu’on peut très bien prendre une femme par le clito, si je puis m’exprimer ainsi. Détourner ces outils, c’est permettre aux femmes de jouir de leur corps. La sexualité animale, le désir animal n’est pas réservé à l’homme.
      Le masculinisme, ça n’a rien avoir. Le masculinisme veut nous faire croire que la femme est docile, douce, fragile, mère avant tout. Alors que la femme est à l’image de l’homme, un être sexué et sexuel.
      A chacun-e d’exprimer son engagement si engagement il y a.

  5. Gin dit :

    En tant que participante a ces « performances arrogantes » je ne peux qu’etre contente du debat que cet evenement et cet article ont suscitE. Bien que les tentatives d’imposer un feminisme monolithique et doctrinaire m’attristent – parce qu’elles reproduisent les structures sociaux de marginalisation et d’oppression qui refusent aux femmes l’individualitE, la production et l’interpretation libre des images et des identitEs genrEs – nos analyses differentes ne peuvent qu’enrichir le dialogue autour des questions feministes, et proumouvoir la recherche des modes d’expression propres aux femmes.
    Si jamais ca vous interesse d’avoir l’avis d’une des filles sur scene, au lieu de parler a sa place, j’ajouterais que personellement mes objectifs sur scene ne sont ni a seduire (femmes ou hommes) ni simplement a montrer mon corps, mais de mettre en scene un jeu subversif des identités genrées par le déshabillage, l’habillage, ou le changement des vêtements – c’est les relations entre le corps, les gestes, les vetements et les indentitEs qui comptent. L’histoire de l’alienation de la femme de son corps et ses sensibilitEs, et la lutte feministe pour les reapproprier, est longue et riche et, sans doute, deja suffisament connue par les participantes a cette discussion. Dans ce contexte, l’effeuillage est bien plus que la presentation d’encore un corps feminin denudE – ces les filles sur scene qui produisent les images du genre et leurs propres modes d’expression. D’ou l’interet de la « performance » des identitEs genrEes – justement pour les deconstruire, pour les montrer comme les roles construits et non pas naturels ou inevitables.
    Vu que les representations et les images forment et influencent les mentalitEs et les structures sociaux dans lesquels on vit, monter sur scene pour mettre en question ces idEes recues est deja etre « sur le terrain ». La scene est un terrain aussi important que les autres. Et, pour vous rassurer, on est nombreuse a militer sur plusieurs terrains a la fois – l’un n’empeche pas l’autre. Ce qui rend specialement maladroit et irreflechi le commentaire qui nous presente comme « des nanas qui se disent gouines et/ou « jouent » les gouine en mixité ». En effet le New Burlesque est un des rares endroits ou il existe un vrai dialogue entre les orientations sexuelles differentes, et un respect mutuel.
    Et non, pour le plupart d’entre nous on ne gagne pas notre argent comme ca, on le fait par l’engagement politique ou artistique.

    Merci beaucoup a Sarah pour cet article, qui a generE autant de debat.

    [Et oui, j’ai un clavier anglais…]

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