Clito, mon beau Clito…

*Oui, il y a une faute Schéma et pas shéma.
 

J’ai visionné le reportage sur le clitoris deux fois afin de rendre compte le mieux possible de ce qui était dit. Cela fait un bon moment que je souhaite écrire un article là dessus, mais je n’avais ni le temps ni les resources adéquates. Je ne pouvais soutenir ma théorie, parce qu’au départ, il s’agissait d’une théorie que je croyais m’être propre. Je me disais que toutes les femmes étaient constituées de manière totalement différente et que sans doute, je n’avais pas de vrai point G (bien que j’ai pu ressentir maints fois des orgasmes « vaiginaux »). Puis je me suis demandée si je pouvais avoir des orgasmes « vaginaux » sans stimulation du clitoris, de manière directe et/ou indirecte. Je me suis demandée si j’étais normale. Puis j’ai pensé à Freud. Je me suis demandée si les femmes qui m’entouraient avaient elles aussi une sexualité infantile puisque incapables de jouir avec leur vagin seulement.

Puis je savais ce que je ressentais, et qu’aucun médecin, aussi doué soit-il ne pourrait jamais mieux savoir ce qu’il se passait en bas, en moi, au niveau de mon clitoris.

A l’âge de 11 ans, j’ai lu un livre d’une traite, le rapport Hite, sans doute le premier livre qui m’a sensibilisé non seulement au féminisme – n’oublions pas que le livre est sorti dans les années 1970 et qu’évoquer la sexualité de cette manière là était/est pour moi, féministe- mais m’a aussi appris qu’évoquer la sexualité, ce n’est pas seulement parler de désir-acte-plaisir, mais que c’est aussi et surtout parler politique. Oui, la sexualité est politique. L’acte sexuel est politique, parler de sexualité est politique. La société repose sur la perception des sexualités; la famille, le capitalisme, reposent sur une vision de la sexualité.  Et la sexualité repose sur l’environnement socio-culturel dans lequel on vit. La sexualité, tout comme la condition des femmes, est le reflet de l’évolution des mentalités dans les pays. La sexualité est importante, et ce tant au niveau politique, qu’au niveau personnel.

…Ce qui vient perturber l’odre social dans lequel on vit depuis la nuit des temps, c’est l’existence d’un bout de chair, d’un nerf accumulant en son point le plus sensible 8OOO terminaisons nerveuses (4000 à 6000 pour un pénis, sur une surface plus grande). Cela fait du clitoris l’organe le plus sensible. Nulle besoin d’avoir un orgasme pour faire des mômes, mais à quoi sert donc ce petit bout de chair tant diabolisé, martyrisé, sacralisé?…Il sert au plaisir et ça, c’est paradoxalement subversif.

Alors voilà, le clitoris est un nerf, le nerf le plus sensible, destiné seulement au plaisir. Il n’est pas un organe reproducteur. Il a été au cours des siècles sacralisé, diabolisé, ou martyrisé. On a pu le vénérer comme on a pu l’arracher, l’ôter, le détruire et aujourd’hui encore. On a pu beaucoup parler de lui à certaines époques, comme on a pu l’occulter, la plus grande partie du temps.

Alors pourquoi l’a t’on vénéré à une certaine époque? La médecine a, à un moment donné(XVIIIe siècle environ), pensé que l’orgasme était essentiel à la reproduction et on prêtait aux femmes un plus grand appétit sexuel qu’aux hommes; les femmes avaient plus de désir, cela était un fait et cela était parfait pour la reproduction. Hors, en 1875, on découvrit que l’orgasme n’avait rien à voir avec la procréation et ainsi l’orgasme féminin et le clitoris furent diabolisés. On traita alors les femmes masturbastrices d’hystériques et on employait des méthoses éfficaces: l’excision.

Arriva Freud, qui affirmait que l’orgasme clitoridien était un orgasme infantile et que seul l’orgasme purement vaignal était le reflet d’une sexualité adulte. Hors, cette théorie a été heureusement contestée à de nombreuses reprises par l’étude anatomique du clitoris:

Le clitoris n’est pas un simple nerf de 2 cm. Il est beaucoup plus long, (6 à 8 cm). Il n’est que la partie visible d’un grand complexe anatomique pas si complexe que ça. (cf: voir le dessin). À l’intérieur, il se sépare en deux bulbes qui lors de l’excitation sexuelle, se gonflent de sang et qui ainsi, stimulent une partie: l’ouverture de l’urètre, ou plus communément, ce que nous pourrions nommer le point G. Le vagin, bien qu’un peu sensible, n’est évidemment pas un organe de plaisir à lui seul. Comment pourrait-il l’être si un être doit en sortir? L’accouchement en serait beaucoup plus douloureux et serait même impossible. En bref, pour avoir un orgasme, il faut une stimulation directe ou indirecte du clitoris. La stimulation du bord de l’urètre est donc impossible si les bulbes ne sont pas gorgées de sang, si le clitoris n’est pas stimulé. Lorsque le clitoris et l’ouverture de l’urètre sont stimulés en même temps, on peut ressentir cette sensation d’avoir envie de faire pipi. S’il doit y avoir deux orgasmes (bien que tous les orgasmes soient différents selon l’humeur, la personne et les sentiments), je dirais qu’il y a l’orgasme provoqué par stimulation de la partie extérieure du clitoris seulement et l’orgasme provoqué par la stimulation de la partie extérieure du clitoris et de l’ouverture de l’urètre.

Ce qu’il y a de triste avec l’histoire du clitoris, c’est qu’il y a peu d’illustrations et peu de recherches qui ont été faites sur celui-ci, bien qu’on commence depuis quelques années à fortement s’y intéresser.

Ce qu’il y a de triste dans l’histoire de la sexualité des femmes, de son clitoris, c’est qu’elle a été tantôt occultée, tantôt vénérée et tantôt diabolisée afin de servir une idéologie. L’idéologie selon laquelle la sexualité n’est que reproductrice. Hors, nous savons aussi qu’un homme qui éjacule n’a pas forcément eu un orgasme, donc l’orgasme masculin n’est pas non plus essentiel à la reproduction. Les fonctions reproductives et sexuelles sont donc des fonctions bien disctinctes. Mais la seule sexualité a avoir été restreinte a été la sexualité féminine.

(Et l’on confond encore cours d’éducation sexuelle et cours d’éducation reproductive. Je me souviens très bien de mes cours d’éducation « sexuelle » qui n’était en fait que des cours d’éducation reproductive. On parlait du pénis, mais jamais du clitoris.)

Ce qu’il y a de triste dans l’histoire du clitoris, c’est qu’il a été détruit et qu’on le détruit encore. Ce qui est triste, c’est que certaines sociétés doivent exciser des petites filles afin de servir des idéologies sexistes et hétérocentrées. Des idéologies meurtrières.

La sexualité est une notion délicate, autant sur le plan personnel que politique. Elle appelle non seulement à ce que nous avons de plus intime en nous, ou de ce que nous pensons être le plus intime mais aussi à notre rapport aux autres, à la société. La sexualité et les découvertes faites sur la sexualité remettent en cause des idéologies bien ancrées, des idéologies qui structurent bien evidemment encore aujourd’hui, nos sociétés, qui remettent en cause la structure même de la famille traditionnelle (base du capitalisme); mais tout cela dégringole.

« J’en ai entendu parler » pouvons nous entendre dans ce reportage, lorsque cette vieille dame relate sa découverte du clitoris et de ses plaisirs. Je suis choquée par une telle phrase, et triste. Tant de femmes dans l’histoire, tant de femmes encore aujourd’hui ne connaissent pas leur propre corps.

Le clitoris, au-dela de son enjeu politique très fort, est une histoire personnelle. Celle des femmes et de leur épanouissement sexuel jusque là écrasé par des idéaux politiques.

Il nous faut encore se battre pour ça.

Voici un article bien détaillé

Et voilà le reportage(en plusieurs parties)

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Un commentaire pour Clito, mon beau Clito…

  1. gill dit :

    Merci pour ce post fort intéressant. Je ne suis qu’un homme et donc je ne saurai jamais ce qu’est l’orgasme clitoridien ou vaginal. Je peux juste extrapoler et laisser mon imagination faire le reste. Il est vrai que depuis mes 1ers émois sexuels, j’ai été comme fasciné par cette « clé ». Sans faire de fausse modestie, j’ai l’impression d’être ignare de la manière dont il faut s’y prendre pour « ouvrir la porte ». Peut être aurais je besoin de cours du soir pour m’aider à mieux maîtriser le sujet.
    En tous cas et en résumé, je suis d’accord avec vous sur tous les points. La diabolisation du clitoris orchestré par ces hordes misogynes ressemble à un réflexe de panique vis à vis d’un « élément » qui ne parviendrait pas à contrôler. L’ordre social diligenté par les hommes ne supporte pas d’être dérangé.
    A mon humble avis, le clitoris mérite qu’on lui érige une statue et d’être vénéré. Il est également important de noter que l’effet « iceberg » est bien réel ; l’organe en question ne se résume pas à une simple excroissance, ses fondations se prolongent en aval. Et en effet, son action se diffuse, notamment au niveau de l’urètre. Ayant eu la chance à peine sorti de l’adolescence, de fréquenter une jeune femme fontaine, j’avoue avoir été subjugué par cette particularité. Du haut de mon ignorance, j’ai tout de suite fait le lien avec la stimulation du fameux clito mais aussi de ce point G.
    Vous faites allusion à l’envie de faire pipi lorsque l’excitation se fait + intense à cet endroit. Je présume que bon nombre de femmes ignorent qu’elles pourraient accéder à cette éjaculation féminine si elles acceptaient cette sensation + que troublante et ma foi trompeuse. Il y a des hommes que ça ferait fuir, moi ça m’attire comme un « aimant » (jeu de mot…).
    Reste à déterminer si un lien direct uni le clitoris au point G. N’hésitez à me corriger si besoin, mais d’après ma faible expérience, ce point se matérialise par une « étrange » zone circulaire plus résistante et légèrement en saillie située en partie supérieure à environ 3/4cm du vestibule. La proximité des 2 zones n’est surement pas innocente.
    Au plaisir, emaginbox@yahoo.fr

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