Un amour de jeunesse

Ayant aperçu la jeune Lola Créton lors d’un tournage, j’étais impatience à l’idée de voir le film qui allait la révéler: Un amour de jeunesse; enfin un nouveau visage parmi toutes les jeunes actrices bien trop lisses et tant adulées par le cinéma français « d’auteur », je ne cite pas Christophe Honoré. J’avais en tête Le père de mes enfants que j’avais trouvé touchant et juste et je partais donc dans l’idée que celui-ci allait être tout aussi beau et bon. J’aimais déja Lola Créton sans l’avoir vu jouer.

Il pleut ces temps ci sur le cinéma français, des films sur les amours adolescentes et les premiers émois amoureux et parfois sexuels. Un amour de jeunesse fait partie de cette catégorie de film qui traite des amours romantiques et mélancoliques, des sentiments intensifiés par l’innocence de la jeunesse et l’inexperience du corps. L’amour avec un grand A, poussé à l’extrême, et tout droit sorti des poèmes victoriens.

Deux jeunes amoureux, elle Camille, 15 ans, lui, Sullivan, 19. Lui souhaite partir en Amérique du sud 10 mois, elle, va au lycée et passe son temps à l’attendre. Puis ils passent un dernier été dans la maison de campagne de celle-ci en Ardèche, il fait beau, le paysage est splendide, les mouvements de caméra sont fluides et les gestes sont bien filmés.

Puis, après 10 mois, il ne lui envoie plus de lettres, lui disant trop l’aimer pour continuer, trop l’aimer pour gérer ses sentiments. Elle, finit par faire sa vie avec un architecte pour qui elle travaille jusqu’à ce qu’elle recroise Sullivan et que leur histoire reprenne, 7 ans plus tard…Pour disparaitre à nouveau , laissant derriière lui des lettres d’un amour trop idéalisé:

« Camille, je crois que je t’aime mais je veux que tu disparaisses. J’ai tout

rêvé, et je ne sais pas s’il reste quelque chose de tout ce qu’on a cru se

dire. »(extrait d’ici)

 Les dialogues, pris à part, nous rappelent des choses déja dîtes ou entendues, des moments déja vécus. L’histoire d’amour si particulière tend vers l’universel, mais ne l’atteint pas, bloqué par le jeu agaçant de l’acteur Sébastian Urzendowsky et sa voix stridente. On aurait pu y croire à cet amour, bien que trop mielleusement romantique, trop lisse, s’il avait été interprété avec justesse et passion. Mais on n’y croit pas, rien n’est crédible, l’amour ne se voit presque que dans les yeux de Lola Créton, la tension amoureuse est inexistante, les dialogues, bien que justes, sont vains, les gestes, ces gestes d’amour, de frottement de visage contre cou, manquent de justesse mais surtout de crédibilité.

Nous aurions nous aussi voulu nous morfondre un peu comme la jeune actrice, mais tout ce que pouvons faire c’est rire lorsque le jeune acteur ouvre la bouche, ou lorsqu’un geste censé être maladroit devient ridicule. D’éclats de rire en éclats de rire dans la salle, nous assistons à une comédie qui voulait être grave. Et la musique, bien que belle et appropriée, ajoute à cette mascarade mielleuse, une raison de croire qu’elle a raté son film. Dommage.

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Un commentaire pour Un amour de jeunesse

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