dans le rétro mensuel cinématopgraphique – sept 2011

Septembre et octobre obligent – sans doute- je suis à la bourre sur tous mes engagements bloguesques. Non seulement nous sommes le 11 oct. et je n’ai toujours pas fait mon rétro mensuel cinématographique de septembre, mais en plus, j’oublie de vous parler de Chéries-chéris, Cinéffable, ma rentrrée universitaire à Paris VIII où je commence un Master de genre, mes actualités récentes, la Wet For Me avec Peaches, LES actualités récentes, le Mademoiselle ou Madame, DSK, l’ex de Sinclair et cie, Aubry aux primaires du PS. Mais c’est la rentrée, et tout cela, dans un coin de ma tête, finira bien quelque part ici.

Voici tout d’abord les films de septembre- et par manque de temps, j’en ai vu peu…

Le film devrait brûler à la place de cet été. L’Italie c’est joli, Louis Garrel a de la gueule (celle qu’on a envie de baffer, gifler, voire, tordre); Monica Bellucci est inaudible et agaçante. Le film est lent, narcissique et capricieux, sans doute à l’image des personnages et des acteurs/actrices. Les Inrocks manquent de goût donc adulent, évidemment. Peu émouvant, ça se ferme sur son milieu, ça ne se tourne jamais vers le spectateur ou la spectatrice; un film qui se regarde avec des acteurs qui s’écoutent et se regardent; s’aiment. Les personnages se détestent. Le tout n’est que prétention italo-parisianiste du petit bobo plutôt bourgeois maladroitement artiste, qui de caprices amoureux en caprices puériles, met fin à ses jours. Dommage que Louis Garrel ne voit pas l’occasion ici, de finir sa carrière d’acteur désastreuse. Une seule scène – celle de la soirée dansante- est plaisante, quoique toujours trop longue. Bref, il est toujours important de voir des films mauvais pour savoir ce qu’il ne faut pas faire. Re-bref, à voir donc, pour le ridicule, car en plus, ça se prend au sérieux!

C’est bien dommage que ce film cherche la simplicité (tout de même louable) dans la banalité des plans. Elephant était lent, très lent, mais avait beaucoup de rythme, celui-ci nous ennuie. Les acteurs avaient quelque chose, mais nous n’avons pas été atteint-e-s; et ni ne sommes nous rentré-e-s véritablement dans le film; pourtant, je suis certaine que nous aurions aimé l’aimer.

Un petit film (un peu) de société. Je vois en Christa Théret une actrice modeste et pleine de candeur, plus mûre et intéressante que les autres actrices françaises de son âge. Son jeu est juste, le personnage n’est pas censé émouvoir mais interpeller; il nous interpèlle. Et le sujet du film, souvent tabou, nous montre à quel point, au vu des réactions, que nous avons encore beaucoup de travail à faire en ce qui concerne la maternité et les femmes qui accouchent sous X. Le sujet est traité avec distance, et la scène (presque parfaite) de l’accouchement est à la fois terrible et réaliste.

Je pensais que j’allais adorer ce film…mais après l’avoir vu, je suis sortie dérangée. Oui, quelque chose dérange dans ce film. Peut-être est-ce la dernière séquence, presque inapropriée, ou le propos non compris. Peut-être est-ce la scène de la mutilation qui revient constamment à l’écran et presque gratuitement, ou est-ce le tout, la mise en scène qui dérange? Mais surtout le propos du réalisateur qui n’est pas compris. Où veut-il en venir? Que veut-il dire? Il n’est pas mauvais, loin de là…oui, mais…

La bande-annonce m’intriguait… Ce petit film n’est pas un chef d’oeuvre mais tout de même un petit bijou poétique, absurde et complètement barge. Il est passé inaperçu, et c’est bien dommage.

Le recul semble être à Donzelli ce que l’imaturité émotionelle est à Honoré (pardon…). Un couple, un bébé, un bébé malade, qui a un cancer, une tumeur au cerveau. Ca ne tombe pas dans le pathos, non, c’est la guerre, une vraie guerre. Dramatique et drôle, émouvant et surprenant. Les plans et l’image sont comme la mise en scène. La scène crescendo des appels téléphoniques avec en fond musical Vivaldi est la scène parfaite. Oui, certes, il y a des maladresses (moins que dans la Reine des pommes) mais l’autodérision, l’humour et le recul de V. Donzelli font de ce film un film plutôt réussi, et, modeste.

Je compare Melancholia à Antichrist parce que c’est le dernier film de L. V. Trier que j’avais vu. Film qui m’avait bizarrement réconcilié avec Charlotte Gainsbourg. Je crois que Melancholia doit avoir une résonance personnelle. Il est bon, il est beau, tout est en suspend, constant, au-dessus, mais justement, tout suspend trop pour moi pour que je me sente réellement proche. Oui c’est beau, mais que dire de ma propre appréciation. Ai-je aimé? Je ne sais même pas. Tout ce que je sais, c’est que je me sentais plus proche de la Charlotte Gainsbourg dans Antichrist que dans Melancholia; elle qui, dans ce dernier, perd ses moyens à la fin. Kirsten Dunst, quant à elle, est resplendissante, et son personnage, peut être proche de ce que j’aurais ressenti: la paix. Mais, je suis sortie que très peu angoissée, et surtout perplexe, intriguée et agacée, comme si finalement, je n’avais pas saisi l’essence du film qui, justement, se suspend, quelque part.

Mélanie Thierry m’agace et m’agacera toujours, mais j’aimerai toujours Carole Bouquet et André Dussolier. Peut-être pour leur personne et personnages vieillissants. Peut-être pour leur charisme et sans doute pour leur jeu juste. Impardonnables est un film plutôt réussie pour son intrigue bien ficelée et pour ses personnages amoureux et ses relations qui font de lui un film moderne sans en avoir l’air.

C’est comme quand on est gamin et qu’on aimerait faire un film et filmer quelque chose d’incroyable au fin de fond de notre garrique française. C’est comme quand on est gamin et qu’on aimerait être au coeur d’une intrigue, d’un complot mêlant le gouvernement. Il y a quelque chose d’excitant dans leur aventure qu’on a envie de vivre, sans être gamin. Mais y’aura toujours de la morale américaine à deux balles quand un gamin de 13 ans dira trois mots à la grosse bête et l’amadouera par les sentiments « Moi aussi je me sens rejeté, tu sais…blabla blabla blabla« . Mais bon, c’est sans doute le seul moment vraiment lourd du film. Alors, on peut le voir!

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dans le rétro mensuel cinématographique 3

J’ai promis rigueur, je tiens la promesse en vous proposant pour la troisième fois la liste des films que j’ai vus en salles ce mois-ci.

Un film tendre et sans prétention. Lola Créton se révèle ainsi dans ce film après le désastreux Un amour de jeunesse. Ni réussi, ni raté.

Un petit chef-d’oeuvre, un petit coup de coeur angoissant. La justesse du propos, de la mise en scène et de l’intérprétation font de ce film un petit bijou passé inaperçu.

Est-ce le sujet du film ou la mise en scène qui laisse perplexe? Les deux se mêlent parfaitement, laissant au spectateur ou à la spectatrice le possibilité de se poser des questions. Sylvie Testud, simple et juste dans ce rôle pas si facile. Il fallait oser. Encore un film passé inaperçu.

Ce film, bien que très maladroit par moments, est une métaphore fantasque mais touchante de la peur du futur dans le couple; et de l’envie de mettre en danger ce qui nous uni pour mieux se retrouver. Miranda July met le doigt sur un sentiment universel et le traite avec justesse et fantaisie. Dommage qu’il ait été autant descendu par la critique qui préfère faire l’éloge de la niaiserie adolescente.

Bono, c’est le chanteur du groupe U2. Bono est aussi l’ancien meilleur ami du personnage principal qui a raté sa carrière de rockeur et qui souhaite se venger. Qu’on soit fan de U2 ou non, le film nous transporte dans les années 80, mais sans nostalgie aucune. Un bon moment.

Critique ici.

L’affiche est jolie non? Mais le film est long à démarrer et sans interêt. Bref, on se fait chier, alors on regarde le joli mîmois d’Anne Hathaway, ca suffit peut-être.

Le film est une réussite, autant sur le plan scénaristique que stylistique. Il nous met parfois en face de nos propres angoisses identitaires,  et nous surprend, presque continuellement. Sans doute l’un des plus sombres films d’Almodovar, mais aussi parmi l’un des plus travaillés et aboutis. Du génie.

Un film aussi tendre que grave; poétique. Sean Penn méconnaissable. Un petit chef-d’oeuvre stylistique. Un road-movie qui peut parfois faire penser à Une histoire vraie de David Lynch.

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Sexy Sushi @ Rock en Seine

Pas d’intro sur l’ambiance de Rock en Seine qui se veut déja assez effervescente. La bouffe grasse. Il pleut. Nous sommes chaud-e-s et mouillé-e-s, et cela nous rappelle bien d’autres situations. (ça c’est fait: pour la blague nulle).

45 minutes avant le concert de Sexy Sushi, on rejoint la scène de l’Industrie. 45 minutes avant son concert, les places tout devant sont déja prises. Sur scène, ils sont en pleine installation. 35 minutes avant le concert, plus le temps de retourner aux toilettes pour perdre sa place et une demie heure avant, ça commence à bien se remplir. Test de son, ça crie déja, ce n’est même pas le calme avant la tempête. 10 minutes avant, je n’ai jamais vu un endroit aussi blindé. Une minute avant, ça crie. Puis sexy Sushi entre en scène. En plein milieu de la première chanson Rebeka Warrior est déja dans le public, les vigiles tentent parfois de la ramener sur scène. C’est la première chanson, c’est déja le chaos. Moi, presque tout devant, je me vois balancée de droite à gauche. Puis deuxième chanson, un coup de coude à gauche, des mains en l’air, attrappé-e-s par les vigiles pour rejoindre l’estrade. Ils doivent déja être 20 sur l’estrade. Des nanas se retrouvent en soutif, et nous rappelle Sexy Sushi le 6 décembre dernier à la Cigale.

C’est le vrai bordel. Le sex-appeal de la policière débarque, Rebeka escalade les installations et continue à chanter. La chanson qui les a fait connaitre rend la foule complètement folle. Je suis encore balancée telle une balle de ping pong et j’ai perdu de vue les personnes avec qui j’étais. J’ai l’impression que je vais y passer. Vraiment.

L’homme cagoulé flagellé ou abdigué. Qui sait?

On crie ensuite « à mort aux artic monkeys » qui devient « à mort Rachida » pour qu’elle puisse chanter son ptit chat. Puis Enfant de putain, salope ta mère. Petit pédé. Elle chante les connues et les moins connues. CyrilTu dégages.

Chaque morceau me rappelle un moment vécu. Les paroles racontent quelque chose ou ne racontent rien mais disent, crient. Et j’ai l’impression que la foule est en osmose.

Rappel: et à la fin de son concert, elle nous demande de nous mettre à genoux, ce que la foule fait, alors que nous avions déja tant de mal à être debout. Pour la dernière, des derniers coups de coude, des gens qui tombent, le chaos, l’apocalypse. Je n’ai jamais vu ça. A genoux, ou pas. Rebeka part, « Ciao Biarritz » et nous, on en redemande encore. Décidemment, Sexy Sushi, au-delà de ses morceaux connus pour leurs paroles décalées, aura frappé fort avec sa présence de taré-e.

photos: ici.

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Les bien-aimés se racontent mal mais avec douceur

« Je ne crois pas au bonheur mais je suis heureuse » lance presque en conclusion la magistrale Catherine Deneuve qui, dans le dernier film de Christophe Honoré, porte sur ses épaules (avec Milos Forman bien entendu) la plus grande partie de la période contemporaine.

N’étant que peu touchée par les films de Christophe Honorée et ayant particulièrement détesté La belle personne qui réussisait l’exploit de la fadeur absolue, je suis sortie du film Les bien-aimés, surprise et mitigée.

Surprise, et agréablement, par la fluidité et la douceur des deux heures quinze qui ne se font pas trop longues.

Le film démarre dans les années 60 et nous rappelle, evidemment, Jacques Demy. Les couleurs et l’atmosphère nous sont familières, le ton semble léger. Ludivine Sagnier qui n’est habituellement, selon moi, peu crédible en femme-putain s’en tire plutôt bien. Tout commence par une histoire de chaussures qu’elle (Madeleine) n’a pas les moyens de se payer; dans une boutique dans laquelle elle travaille. Elle en vole une paire et, en face de la porte de son immeuble, un type la prend pour une putain. Ce sera son argent de poche. Voilà comment elle rencontrera un docteur tchèque pour qui l’amour qu’elle lui portera semblera fou et infini. Elle ne peut pas vivre sans l’aimer, chante t-elle. Les paroles d’Alex Beaupain sont poétiques et intimes.

 Plus tard, cette demoiselle sera interprêtée par la grande Catherine Deneuve, qui nous rappelle à nouveau Jacques Demy et Les Parapluies de Cherbourg. Catherine Deneuve est toujours aussi brillante et presque plus touchante qu’avant. Sa jeunesse a laissé place à une femme accomplie. Elle, et Milos Forman, en amoureux éloigné, sont sans doute les deux personnages les plus touchants du film. La scène d’amour dans l’appartement de Véra, sa fille (Chiara Mastrionnani) est d’une justesse incroyable. Elle me rappelera alors la scène la plus délicate du film : la scène du billard, et la chanson « Les chiens ne font pas des chats« . Il existe parfois dans un film une scène qui pourrait nous faire changer d’avis sur tout un film, nous faire dire que dans cette scène particulière réside la réussite d’un film. Les plans, les couleurs, les mouvements de caméra, le jeu et l’émotion sont à leur apogée. La scène du billard, pourtant anodine, est pour moi la scène centrale. Ludivine Sagnier chante et joue juste, convainc, apaise.

Dès le début, le film prend un ton juste, que je n’avais jamais vu dans ses autres films. L’humour est bon, mûr. Christophe Honoré résume peut-être dans la dernière phrase de Catherine Deneuve un signe de maturité naissante. La mélancolie adolescente semble avoir disparu, et les bonnes questions se posent: « Qui est celui qui aime? Celui qui part ou celui qui reste? ». Christophe Honoré ne donne pas au mari François(Michel Delpech) de Catherine Deneuve une mauvaise position et ne semble pas dire que son véritable amour est Milos Forman. L’amour n’est pas plus beau quand il est loin, il est plus grand quand il est responsable, présent et simple.

Mais il aura fallu attendre son septièmre film pour voir un Christophe Honoré mature et un film à l’image de cette évolution émotionelle. Me voilà surprise, mais mitigée.

Oui, mitigée parce qu’une fois l’histoire de Ludvine et Catherine racontée, celle de Chiara Mastroianni, elle, s’essoufle, à nouveau, dans un genre romantique mélancolique qui ne convainc pas. En 1997, Véra rencontre un homme en un regard – et quel bel échange d’ailleurs, mais il est gay(Paul Schneider), c’est balo. Evidemment, il l’aime, mais evidemment, pas de la même manière. Puis, il a le sida; elle, elle veut un enfant de lui. Leur histoire semble compliquée; un enfant ensemble ne sera jamais possible, elle se suicide. Et nous, interloqués, on ne comprend pas pourquoi elle met fin à sa vie, on n’y croyait pas à cette histoire, c’était perdu d’avance, pourquoi s’obstinait t-elle. Chiara Mastroianni elle-même ne semblait pas y croire tant cela ne transpairaissait pas sur son visage. On ne comprend pas pourquoi elle met fin à sa vie. Sa mort ni ne touche ni n’émeut. Leur histoire ne raconte pas grand chose. A coté de celle-ci, Louis Garrel en ami/amant/amoureux à ses heures de Chiara reste le même fils à papa que nous avons toujours connu et son jeu reste toujours aussi insipide. On se dit que son rôle dans le film est une historie de famille (famille de cinéma refermée sur elle-même). On se dit que c’est bien dommage.

Christophe Honoré gagne en maturité mais ne prend aucun risque. Il évolue, doucement, mais semble lui-même perdu dans un genre auquel il rend hommage mais qu’il ne parvient pas égaler. Ses jeunes acteurs aussi pataugent un peu pour arriver à la cheville de Catherine Deneuve. Est-ce la faute aux acteurs ou aux rôles qu’on leur donne? Pourquoi Christophe Honoré doit-il sa maturité aux plus âgés? Ne peut-on pas comprendre que nul besoin d’avoir vécu et vieilli pour comprendre ce que Catherine Deneuve comprend à la fin du film et ce que Chiara ne semble pas avoir compris?

Le cinéaste est sans doute à la recherche d’une réponse. Perdu entre la mélancolie romantique de la jeunesse et la paix qu’apporte parfois la vieillesse. Pourtant, il semblait avoir saisi quelque chose mais l’a manqué en donnant à Chiara Mastroianni un rôle aussi désastreux.

Christophe Honoré reste pour moi un cinéaste qui ne sait pas parler d’amour, mais qui en parle avec douceur. C’est peut-être ce qui le sauve.

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dans le rétro mensuel cinématographique 2

Je dois avouer avoir délaissé la partie cinéma de ce blog bien que les six premiers mois de l’année ont été riches en films, même très riches. Le pass UGC permet de voir des films que vous ne verriez pas si vous deviez payer chaque place, parce qu’il faut faire un choix. Désormais, seul le temps est ma limite (limite tout de même frustrante). J’avais fait une rétrospective de mes films il y a cinq mois déja; le temps me permet aujourd’hui de reprendre là où je m’étais arrêtée. Espérons que cette-fois ma rigueur sera de la partie.

Colin Firth et Helena Bonham Parker forment un duo touchant. Touchée.

Légèrement stéréotypé mais drôle.

Natalie Portman est très bonne, la musique est les plans nous emportent, mais un gros cliché facile sur le monde de la danse. Dommage.

Scénario original, et les acteurs sont bons. Je l’ai trouvé pas mal.

Critique ici.

Très poétique, doux mais violent. Rare.

Scénario original, mais peu d’interêt, bien que pas ennuyeux et parfois drôle.

Après La naissance des pieuvres, Célina Sciamma signe ici un deuxième film pudique et poétique, qui frôle la justesse parfaite. Une cinéaste à suivre!

Critique ici.

Grave et à l’humour un peu grinçant. Catherine Frot est géniale.

Poétique. Sublime Nicole Kidman.

Parodie de sa propre trilogie plutôt réussie.

Ce film fut un coup de coeur de poésie et d’émotion.

J’ai apprécié le côté ridicule de « Paris: ville des amoureux », et le Paris des époques différentes, et plus particulièrement l’apparition de Gertrude Stein que les gens connaissent peu, mais je me suis globalement ennuyée et je l’ai trouvé moins bon que ses précédents films. Marion Cottillard y est presque nulle.

En deux tableaux; le côté mystique et religieux pouvait énerver mais il m’a touché. Je l’ai trouvé très beau. Il nous fait penser à 2001, l’odyssée de l’espace et à Virgin Suicides, pour les mouvements de caméra de la deuxième partie.

Bernard Le Coq est excellent. Le film ne fait pas l’éloge de Sarko comme certain-e-s ont pu le croire, en revanche, il a suscité des réactions drôles et agaçantes à certaines vieilles du quartier St Michel que je me suis permise de remettre à leur place.

Surtout un film grave. Les actrices sont attachantes et interprètent leur rôle avec justesse.

L’idée de fond est pas mal mais la forme n’est pas trés cohérente. Mel Gibson reste touchant.

Grave, superbe, juste, poétique, violent et génial!

Je me suis ouverte et laissée agréablement surprise par le film. Une découverte du genre, pour moi.

Grave mais étonnament drôle. Après A propos d’Elly et La fête du feu, Asghar Farhadi réalise ici un film juste superbe.

Benjamin Biolay est touchant, Emmanuelle Devos cynique et égale à elle-même. Plutôt pas mal, surtout pour le choix des acteurs/actrices.

Sans Mélanie Laurent, le film aurait pu être pas mal, mais son jeu et son accent anglais gâchent tout. Mais l’histoire et la mise en scène sont touchantes.

Un film pas si grave, pas si triste sur le couple, mais plutôt juste voir même presque positif. Très beau. Michelle Williams est géniale!

Un premier film, donc un film de réconciliation avec soi-même. Ni réussi ni raté. Mais Isabelle Huppert est un peu ridicule dans son rôle, mais on lui accorde son courage d’avoir osé un tel rôle.

Grave, triste et presque superbe dans sa mise en scène et sur la forme. Tilda Swinton est excellente mais on déplore la vision de la réalisatrice quant à la violence du garçon, explquant cela presque de manière biologique alors qu’il s’agit de culture. L’explication est un peu simpliste et manque de finesse.

Les films suédois font parti de mes préférés. A la fois drôle, dur, grave et pudique. Un film à voir. Un premier film.

Le sujet est osé, la censure est là. Mais le film, bien que grave, est trop glamour pour être crédible. C’est bien dommage.

Un film de 1971 ressorti en salle. Une véritable découverte. A voir.

Le film tend sur l’universel et y arrive plutôt bien. Les deux acteurs sont très bons. Le tout est juste, drôle et cynique. Plutôt pas mal.

Ca fait un peu peur.

Le film est grave mais positif. J’ai bien aimé même s’il est un peu ennuyeux parfois.

Drôle, surtout drôle, mais tout sauf juste. Ridicule et risible, le film est un cliché sur pattes. Mais à voir pour se marrer. Rien n’est crédible.

Le film est frais et le scénario original. Mais c’est tout. J’ai un peu apprécié pour des raisons personnelles.

Critique ici.

Aucune tension amoureuse et ou sexuelle entre les deux actrices. La mise en scène est catastrophique et incohérente; les plans passent du coq à l’âne. Seuls les paysages et quelques plans sont beaux.

Ce film norvégien est à la fois grave, drôle et optimiste. Encore un film qui parle de couple. Touchant et vraiment drôle. Une vraie réussite.

Scénario original, plutôt pas mal mais un peu trop contemplatif, ce qui ne sert pas le film.

Marina Hands est ici agaçante et le film me laisse perplexe. Mais les paysages sont beaux et apaisants.

 

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Un amour de jeunesse

Ayant aperçu la jeune Lola Créton lors d’un tournage, j’étais impatience à l’idée de voir le film qui allait la révéler: Un amour de jeunesse; enfin un nouveau visage parmi toutes les jeunes actrices bien trop lisses et tant adulées par le cinéma français « d’auteur », je ne cite pas Christophe Honoré. J’avais en tête Le père de mes enfants que j’avais trouvé touchant et juste et je partais donc dans l’idée que celui-ci allait être tout aussi beau et bon. J’aimais déja Lola Créton sans l’avoir vu jouer.

Il pleut ces temps ci sur le cinéma français, des films sur les amours adolescentes et les premiers émois amoureux et parfois sexuels. Un amour de jeunesse fait partie de cette catégorie de film qui traite des amours romantiques et mélancoliques, des sentiments intensifiés par l’innocence de la jeunesse et l’inexperience du corps. L’amour avec un grand A, poussé à l’extrême, et tout droit sorti des poèmes victoriens.

Deux jeunes amoureux, elle Camille, 15 ans, lui, Sullivan, 19. Lui souhaite partir en Amérique du sud 10 mois, elle, va au lycée et passe son temps à l’attendre. Puis ils passent un dernier été dans la maison de campagne de celle-ci en Ardèche, il fait beau, le paysage est splendide, les mouvements de caméra sont fluides et les gestes sont bien filmés.

Puis, après 10 mois, il ne lui envoie plus de lettres, lui disant trop l’aimer pour continuer, trop l’aimer pour gérer ses sentiments. Elle, finit par faire sa vie avec un architecte pour qui elle travaille jusqu’à ce qu’elle recroise Sullivan et que leur histoire reprenne, 7 ans plus tard…Pour disparaitre à nouveau , laissant derriière lui des lettres d’un amour trop idéalisé:

« Camille, je crois que je t’aime mais je veux que tu disparaisses. J’ai tout

rêvé, et je ne sais pas s’il reste quelque chose de tout ce qu’on a cru se

dire. »(extrait d’ici)

 Les dialogues, pris à part, nous rappelent des choses déja dîtes ou entendues, des moments déja vécus. L’histoire d’amour si particulière tend vers l’universel, mais ne l’atteint pas, bloqué par le jeu agaçant de l’acteur Sébastian Urzendowsky et sa voix stridente. On aurait pu y croire à cet amour, bien que trop mielleusement romantique, trop lisse, s’il avait été interprété avec justesse et passion. Mais on n’y croit pas, rien n’est crédible, l’amour ne se voit presque que dans les yeux de Lola Créton, la tension amoureuse est inexistante, les dialogues, bien que justes, sont vains, les gestes, ces gestes d’amour, de frottement de visage contre cou, manquent de justesse mais surtout de crédibilité.

Nous aurions nous aussi voulu nous morfondre un peu comme la jeune actrice, mais tout ce que pouvons faire c’est rire lorsque le jeune acteur ouvre la bouche, ou lorsqu’un geste censé être maladroit devient ridicule. D’éclats de rire en éclats de rire dans la salle, nous assistons à une comédie qui voulait être grave. Et la musique, bien que belle et appropriée, ajoute à cette mascarade mielleuse, une raison de croire qu’elle a raté son film. Dommage.

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Trop de chatte…gène

Qu’est-ce qui rend libre ? Faut-il s’affranchir de nos carcans sexuels pour être libre ? En quoi la désacralisation de la sexualité et du corps des femmes peut-elle servir à la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes ? En quoi la sexualité est-elle politique ? De quelle manière l’est-elle ? Et à quel point ?

Est-ce que la pornographie peut rendre libre ? Judy Minx mentionne dans ce film Annie Sprinkle qui disait que la réponse à du mauvais porno, n’était pas l’absence de porno, mais plutôt du bon porno. Avons-nous le devoir/pouvoir d’éduquer le regard des spectateurs et spectatrices du porno? Surtout quand ceux/celles-ci ont été habitué-e-s à du porno mainstream généralement hétérocentré, dans lequel on voit rarement le sexe de la femme, si ce n’est lorsqu’il est pénétré par le pénis d’un homme.

Too Much Pussy, c’est en gros un road movie rythmé par des spectacles performés dans quelques coins d’Europe. Les actrices du film sont souvent des artistes, performeuses, actrices porno ayant déjà mis en scène leur corps et la sexualité.  Elles sont allemandes, américaines, françaises et ont toutes une vision bien unique de leur sexualité et de la sexualité des femmes en général, mais aussi une vision émancipatrice du corps féminin. Elles vont au-delà de leur limites, tentent ce qui peut parfois leur faire peur, et mettent en scène ce qui, dans le réel peut  faire mal, pour en faire quelque chose de bon et de positif. Elles ont toutes des peurs différentes et des parcours de vie différents, mais une envie commune : celle de montrer le sexe féminin tel qu’il est, brut, sans artifices.

Ce road movie donc, suit les performances des artistes dans ces différents coins d’Europe mais montre aussi leurs doutes, leurs peurs, leurs interrogations et les réactions d’un public parfois peu averti. Le titre a d’ailleurs été trouvé à la suite du premier spectacle qui a été écourté car il aurait semble t-il, dérangé. Y aurait-il alors trop de chatte dans leurs shows ? Nous voilà alors en face du monde dans lequel on vit, trop de chatte gène.

De ce film, je retiens quelques scènes très marquantes, certes parfois si anodines et si furtives qu’elles ne paraissent pas importantes et qui sont pourtant très porteuses de sens:

Nous pouvons ainsi voir Judy Minx se mettre un tampon avant un spectacle, expliquant à quel point les tampons sont nocifs pour la chatte car ils contiennent des agents blanchissants; l’air de rien, la caméra suit le mouvement de ses doigts et en quelques secondes, le tampon est bien installé, la caméra revient sur le visage de Judy Minx, qui sourit, innocemment, comme si elle venait de manger un bout de pain, par exemple.

(J’ai envie de rappeler que les règles, restent, dans la plupart des sociétés, un grand tabou et que les femmes elles-mêmes pensent que le sang qui coule de leur sexe est sale. Les règles, à l’instar du clitoris ressort du politique.)

Pour aller plus loin dans l’idée de désacralisation du corps de la femme, Sadie Lune, dans un de ses spectacles, propose aux spectateurs/spectatrices de voir son col de l’utérus à l’aide d’un spéculum. Le sexe féminin n’est ainsi ni sacralisé, ni diabolisé. Mais au delà de ça, elle souhaite montrer aux femmes ce qu’elles ne peuvent jamais voir de leur corps. En effet, seuls les médecins ont accès à cette partie du corps alors qu’il est pourtant important que les femmes sachent comment elles sont constituées à l’intérieur. Que ce soit d’ailleurs le col de l’utérus ou le clitoris, les femmes ont eu pendant des siècles, très peu d’informations sur leur corps.

Ce qui est intéressant dans ces scènes et ce film, c’est qu’il est accompagné des discours de ces artistes qui expliquent leur démarche. Des démarches qui paraissent parfois étranges aux yeux de la plupart des gens; mais un propos particulièrement marquant de Sadie Lune permet de voir en quoi leurs démarches sont utiles, importantes et universelles. Elle explique alors, qu’en tant que femme, elle s’est souvent rabaissée, et maltraitée, afin de correspondre à des idéaux de beauté. Car celui ou celle qui a la beauté a accès à une sexualité épanouie. Celui ou celle qui ne correspond pas aux critères de beauté imposés est mis-e à l’écart. Sadie Lune dit quelque chose d’intéressant lorsqu’elle souligne le fait que l’on peut très bien être intellectuellement contre quelque chose et en être pourtant victime. Et soudain, je me sens libérée; il s’agit de ça.

Alors que le fond du film revendique un féminisme libérateur, prosex et véritablement émancipateur, la forme met en avant ce que les sexualités peuvent être, et que ce qui est montrable ou ce qui ne l’est pas demeure un choix personnel.

Chaque performance est unique et chacune d’entre elle ne montre pas la même chose de leur corps et de la sexualité. Elles redéfinissent l’intimité. Où commence et ou s’arrête la pudeur? Qu’est-ce qui est intime, qu’est-ce qui ne l’est pas. ? Au fond, je me serais sentie presque gênée de voir Sadie Lune en plein orgasme sur une estrade devant moi; mais suis-je dérangée par ça, où est-ce le reflet de quelque chose que je considère intime, pour moi? Ce qui est intime pour moi ne l’est pas forcément pour les autres, et vice-versa.

Finalement, la scène la plus intime de ce film n’est-elle pas la scène où Madison Young, avant de quitter la troupe, pleure dans les bras des autres. Qu’est-ce qui est intime dans cette scène, son sexe à découvert, ou son visage, en larmes?

Too Much Pussy, au-delà du documentaire porno, est un film libérateur, à la fois léger mais lourd de sens. Il est un acte libérateur pour la réalisatrice Emilie Jouvet et les actrices, mais aussi une œuvre pleine de spiritualité, et alors, je pense aux scènes qui précédent les spectacles, les mains se donnent, et des prières se font. Libres.

Courez-y, il sort en salle au Mk2 Beaubourg à Paris le 6 juillet.

Et si vous vous sentez parfois gêné-e-s, se poser des questions peut être plus instructif qu’un simple « Mais c’est dégoutant, je ne comprends pas… »


Pour voir le site d’Emilie Jouvet, c’est ici.

Le site de Sadie Lune, c’est ici.

Et le blog de Judy Minx, c’est ici.

« Viens voir ma chatte! »


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